Avoir accès à des services pour notre santé mentale, des alternatives gagnantes !

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La présente réalité de notre réseau de services en santé mentale en inquiète plus d’un. Une enquête élaborée par Statistique Canada en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada précise que de septembre à décembre derniers, pendant la seconde vague de pandémie de COVID-19, 21 % des Canadiens âgés de 18 ans et plus ont reçu un dépistage positif soit de trouble dépressif majeur, de trouble d’anxiété généralisée ou trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ceci constitue une augmentation qui vient nous exposer qu’un canadien sur cinq a reçu un diagnostic de santé mentale durant cette période. Avoir accès à un psychologue pour ces évaluations est devenu très laborieux autant auprès des services publics qu’au privé. La présente période pandémique a exacerbé plusieurs problématiques psycho-affectives au sein de la population dont une augmentation considérable de l’anxiété. 

Nous nous sommes posés récemment la question, mais pourquoi la majorité des gens, lorsqu’ils vivent des difficultés personnelles, émotives ou autres se tournent en premier vers un psychologue?

Pour tenter de répondre à cette question, nous avons échangé avec deux psychologues d’expérience Mme Johanna Jagodowicz, et M. Jacques Prince-Boies, tous deux psychologues en pratique privé chez FAMILIO. 

Deux constats importants ressortent de nos recherches et de nos échanges : Premièrement, la psychologie a son histoire et elle est bien ancrée dans nos mœurs et coutumes au sein de la population québécoise. 

Deuxièmement, nous constatons que les gens connaissent peu la gamme de services psychosociaux qui s’offrent à eux dans nos réseaux et qui pourraient aussi les supporter dans des moments de détresse, au lieu d’attendre qu’un psychologue soit disponible.

Depuis des décennies la psychologie est reconnue pour ces bienfaits et a toujours été le premier réflexe de nos médecins en ce qui concerne leur référence pour l’ensemble des difficultés liés aux émotions et à la santé mentale. Certes, la psychologie/psychothérapie est très valorisée et connue dans notre société, elle est supportée et encadrée par un ordre professionnel rigoureux et qui a su devenir une référence pour les autres praticiens. De ce fait, les gens connaissent cette pratique et s’y réfère en premier car elle fait partie de la culture depuis fort longtemps. De plus, la psychologie peut traiter plusieurs problématiques avec certaines approches plus globales mais une d’entre elle les différencie des autres services, il s’agit de la psychothérapie. Cet acte est réservé aux psychologues/psychothérapeutes et médecins. Selon l’OPQ, la psychothérapie vise à provoquer des changements d’attitudes, de comportements, de manières de penser ou de réagir chez une personne, afin de lui permettre de mieux se sentir, de trouver des réponses à ses questions, de résoudre des problèmes, de faire des choix, de mieux se comprendre. Ce traitement va au-delà d’une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d’un rapport de conseils ou de soutien. Donc, une démarche plus profonde, balisée et reconnue.

Mais est-ce là le besoin de tous quand on vit une difficulté émotionnelle ou familiale? A-t-on toujours besoin d’un psychologue ou d’une thérapie pour gérer notre anxiété par exemple?

Nous croyons que plusieurs facteurs influencent la réponse à ces questions et nous constatons souvent que les individus qui demandent de l’aide, ont de la difficulté à s’y retrouver. Quand on est submergé par l’émotion et affecté par notre situation, il est plus simple et direct de faire une demande de consultation en psychologie. Il est aussi vrai que d’autres professions en santé mentale sont peut-être moins connues du grand public; notamment des services qui sont offerts chez FAMILIO, comme la psychoéducation, le travail social et autre. Ces professions peuvent entre autre répondre à vos besoins situationnels ou plus ponctuel!

Le champ d’expertise de la psychoéducation est la compréhension de la mise en place de certains comportements qui deviennent, au fil du temps, inadéquats.  Les psychoéducateurs (trices) possèdent les outils pertinents pour arriver à une modulation de ces comportements et aider l’individu ou les parents dans leurs interventions.  La psychoéducation est bénéfique chez l’enfant et chez l’adulte, mais il peut être important de préciser que chez les enfants, étant donné une capacité de mentalisation en construction avant l’âge d’environ 10 ans, l’approche psychoéducative demeure une alternative de premier plan. Vu ce fait, plusieurs psychologues auront le réflexe de vous référer à leur collègue si votre enfant est trop jeune car l’intervention sera plus adaptée! 

Les travailleurs sociaux eux se concentrent sur les différentes dynamiques relationnelles qu’entretient une personne.  Avec ses proches, ses collègues, son environnement par exemple.  Lorsqu’une personne a l’impression que son état mental a des impacts dans différentes sphères de sa vie, les travailleurs sociaux sont les professionnels tout indiqués afin de bien analyser les besoins de la personne, décortiquer les enjeux et y intervenir adéquatement.  L’analyse et la compréhension des systèmes, comme une famille par exemple, est leur domaine d’expertise et l’aide qu’ils y apporteront bénéficiera à plusieurs individus. Nous pouvons aussi faire appel aux travailleurs sociaux pour nous aider à mieux gérer notre anxiété, notre dépression, nos relations, nos émotions et aussi nos interactions avec les enfants! 

Il est important de ne pas oublier les autres professions tels les conseillers en orientation qui sont fort sollicités durant cette pandémie, l’éducation spécialisée, la zoothérapie, l’art thérapie, l’ergothérapie, la musicothérapie qui présentent d’autre approche d’intervention mais qui ont le même objectif : permettre aux gens de comprendre leur situation et développer différents moyens pour aller mieux!

Alors avant de vous lancer dans la recherche d’un psychologue disponible, informez-vous si votre besoin peut être répondu par un autre professionnel qualifié qui eux, ont souvent plus de disponibilité! Si vous avez de la difficulté à trouver la réponse, nous nous ferons un plaisir de bien vous accompagner pour la trouver au sein de notre équipe interdisciplinaire!

Johanna Jagodowicz, psychologue

Hugo Lambert, directeur clinique

Jacques Prince-Boies, psychologue